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ORIGINE DU BOOYAH


Le 22 octobre 1997
Sujet : le Booyah au poulet.

Cher Professeur Fleurant,

D'accord pour "bouillir."* Le mot "booyah" en revanche vient du mot "bouillon" que les Belges illettrés ne savaient pas épeler correctement : ils écrivaient le mot qu'ils entendaient. C'est le Dr. Lester Rentmeester qui se fait l'avocat de cette théorie que son père, Andrew Rentmeester, d'origine flamande qui vécut à Preble dans le Comté de Brown, lui transmit. Consultez l'article ci-joint extrait des Flamands dans le Wisconsin. Il est difficile de croire qu'un professeur ne savait pas épeler le mot bouillon mais c'est bien là leur histoire/telle est leur histoire.

Pour les Wallons, le "Booyah" originel était du bouillon : une soupe obtenue après avoir fait bouillir un poulet avec des oignons, du céleri, du sel et du poivre. On retirait le poulet de la marmite lorsqu'il était assez cuit. Il était servi comme plat principal du repas ; le bouillon était versé dans des bols individuels. On posait aussi sur la table un bol de riz -chaque personne ajoutait au bouillon la quantité de riz qu'elle désirait. C'est une femme de descendance belge, née dans le comté de Kewaunee en 1895 et qui vécut jusqu'à l'âge de 95 ans, qui m'a raconté cette tradition. Quand elle était jeune le style du "booyah" que nous connaissons aujourd'hui lui était inconnu. Le penchant des Belges à la frugalité les incitait à ne rien gaspiller. De petits restes de légumes furent, petit à petit, ajoutés au bouillon de poulet -et plus tard, on y déposa aussi le poulet- afin de rendre la soupe encore plus savoureuse. Elle pouvait alors presque composer le plat unique d'un repas.

Oui, il y a en effet autant de recettes de booyah qu'il y a de cuisiniers. Certains y ajoutent même des ingrédients en boîte : porc, haricots, tomates et jus de tomates, espérant ainsi relever le goût de la soupe. Les "vieux' colons belges n'auraient évidemment pas pu se procurer ces ingrédients.

Et c'est ainsi que continue le 'Brouhaha Booyah'. Depuis des années des gens essaient de percer le mystère des origines de ce mélange et de ce qui le rend spécial. Nous n'avons pas vraiment besoin d'une réponse scientifique. Mangeons-le et apprécions-le!

Amicalement,
Mary Ann Defnet

Lettre réimprimée avec l'autorisation de Mme Defnet.30 décembre 1997. *Voir la recette du booyah.

Traduction de Valérie Saugera


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